COP 23 : TÉMOIGNAGES INÉDITS DES PARTENAIRES DE PROJETS SUD SOUTENUS PAR LA WALLONIE À NAMUR

Alors que la COP 23 se déroule à Bonn, le Ministre wallon de l’Environnement et de la Transition écologique Carlo DI ANTONIO a mis cette actualité au cœur du Parlement de Wallonie ce lundi 13 novembre à travers les témoignages inédits de 4 partenaires de la Wallonie venus du Sénégal, du Bénin, du Burkina-Faso et d’Equateur.

Mirian CISNEROS (Présidente du peuple autochtone Kichwa de Sarayaku en Equateur), Ibrahima ZERBO (Agence CORADE du Burkina-Faso), Sylvie NOUMONVI AFIWA (ONG Eco-Bénin du Bénin) et Jean GOEP (ONG Nebeday du Sénégal) ont expliqué comment les populations locales vivent, luttent et tentent de s’adapter aux changements climatiques.

Cette rencontre inédite autour de l’actualité de la COP 23 a permis au Ministre DI ANTONIO de présenter sa politique de soutien environnemental aux pays en développement et les perspectives de celles-ci, mise en œuvre essentiellement par l’AWAC (Agence Wallonne de l’Air et du Climat).

La plus-value de ce rendez-vous a été de permettre une présentation des réalisations concrètes que la Wallonie permet en termes de lutte contre les changements climatiques dans les pays du sud.

Comment la Wallonie intervient auprès des pays en développement en les soutenant face aux effets des changements climatiques ?

  •  Un soutien financier

  • Un soutien en termes de formation et de gestion de projets

Lors de la COP 15 à Copenhague, les pays développés se sont engagés collectivement à mobiliser rapidement des fonds en faveur des pays en développement pour leur permettre de s’adapter aux changements climatiques et de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. La Belgique y a contribué à hauteur de 150 millions pour les années 2010, 2011 et 2012.

Ensuite, suite au partage de la charge entre les Régions et le Fédéral, la Wallonie s’est engagée à verser 8 millions EUR par an au soutien de l’adaptation et de l’atténuation des changements climatiques dans les pays concernés.  

Au total, depuis 2011, la Wallonie a fourni un soutien financier de 23 millions EUR à des projets multilatéraux menés par des acteurs institutionnels mais aussi à 31 projets bilatéraux.

Les fonds consacrés aux projets de terrain bilatéraux ne sont pas comptabilisés au titre de l’aide publique au Développement. Ils sont clairement nouveaux et additionnels, comme cela a été promis à Copenhague.  Carlo DI ANTONIO soutient activement ce type de dispositif à destination des acteurs locaux: « Plutôt que de verser des fonds à un fonds international, la Wallonie a décidé de travailler en direct avec des organisations publiques ou privées des pays partenaires. Elles ont pu ainsi présenter des projets d’adaptation ou d’atténuation qui comptent pour la population locale et aux résultats concrets sur le terrain ».

Pour sélectionner ces projets, le Gouvernement wallon a chargé l’AWAC d’organiser en 2010 différents appels à projets dans 6 pays d’Afrique : Bénin, Burkina Faso, Sénégal, Rwanda, Burundi et RDC, ainsi qu’en Haïti et en Equateur.

Concrètement, ces projets permettent de lutter contre l’érosion des sols et des rivages, de mieux gérer l’eau, d’adapter l’agriculture familiale aux changements climatiques. D’autres concernent la lutte contre la désertification, une meilleure efficacité énergétique pour la cuisson au bois et le recours aux énergies renouvelables.

Au Burkina Faso et au Bénin

La Wallonie finance plusieurs projets de protection de la forêt et de réduction des émissions de gaz à effet de serre en aidant les ménages à s’équiper de foyers améliorés, consommant moins de bois, pour cuisiner les repas.

Au Sénégal

La Wallonie soutient l’Association NEBEDAY dans la mise au point d’un biocharbon pour remplacer le charbon de bois et protéger les forêts. En 2016, le Ministre DI ANTONIO a pu constater sur place le travail mené par les femmes sénégalaises.

En Equateur

A l’occasion de la COP 23, le peuple Sarayaku a fait parvenir jusqu’à Paris, une pirogue de son territoire d’Amazonie en Equateur.

La Wallonie vient en support du Peuple Sarayaku pour protéger son territoire qui couvre une surface de forêts primaires équivalent au 1/20e de la Belgique.

Cet écosystème exceptionnel, riche en biodiversité représente un important puits de carbone et joue un rôle central dans la stabilisation du climat de la planète.

Le territoire du Peuple Sarayaku est constamment menacé par l’exploitation des ressources et du sous-sol. Les agressions extérieures menacent aussi le peuple Sarayaku dans sa survie.

Le projet financé par l’AWAC, via l’ASBL Pierreuse & Ailleurs de Liège, permet de renforcer la visibilité du rôle et des droits du Peuple Sarayaku par la plantation d’une frontière d’arbres à fleurs autour du territoire.

Le projet renforce les capacités d'une équipe pour planifier les utilisations des terres pour l'habitat, l'agriculture, la chasse, la pêche et la cueillette. Des gardes forestiers assurent la surveillance écologique du territoire.

L’aide apportée permettra également la création d'une aire naturelle protégée. Novatrice, elle englobera les droits et les visions des populations qui y vivent et reconnaîtra leur rôle dans la gestion du territoire Sarayaku. 

Quelles perspectives à l’avenir ?

En 2018, plusieurs nouveaux projets seront soutenus, sur base des 3 critères suivants:

  • Des projets et partenaires du sud ayant fait l’objet d’évaluations positives de la part de l’AwAC

  • des participants au stage d’ADG ayant présenté un avant-projet de qualité et ayant montré une grande implication dans les apprentissages proposés

  • une volonté de développer une réelle gestion des savoirs (capitalisation) en lien avec les changements climatiques. De nombreuses connaissances et pratiques ont été acquis grâce aux projets et partenaires de l’AwAC et méritent d’être diffusés et affinés et ce, afin d’en faire profiter un maximum d’organisations et d’acteurs actifs dans cette thématique.

Sur cette base, le soutien aux projets suivants est envisagé :

  • un projet en RDC mené par Oxfam aidant les agriculteurs à faire face à la dégradation des sols et des cultures par les fortes pluies de plus en plus nombreuses dans la région.

  • un projet ayant comme objectif de développer des synergies entre agroforesterie et biorépulsifs dans deux régions du Sénégal.

  • un projet de gestion des savoirs porté par le groupement d’ONG universitaires francophones UNI4COOP sur la thématique de gestion des mangroves à Madagascar, au Sénégal, au Bénin et au Togo.  

Le Ministre DI ANTONIO a également décidé de renouveler l’expérience intéressante avec l’ONG ADG en finançant une nouvelle édition du stage de renforcement des capacités des acteurs du Sud en conception de projet, toujours en lien avec les thématiques liées aux changements climatiques.  

Enfin, suite à un premier financement se terminant cette année, le projet de soutien au peuple Sarayaku dans la forêt amazonienne d’Equateur sera soutenu en 2018.   

CONTACT: Marie MINET, Porte-parole du Ministre Carlo DI ANTONIO – 0479/888.475 

Détails des présentations de ce lundi au Parlement :  

ONG Nebeday : www.nebeday.org – Sénégal

M. Jean Goep de l’ONG Nebeday du Sénégal

Dans le domaine des alternatives à la production classique et peu efficiente du charbon de bois que les ménages africains utilisent pour cuisiner, le projet DEFICHARPA vise le développement d’une filière de charbon de bois alternatif à base de paille coupée dans les forêts, carbonisée puis comprimée en briquette. Autres projets : gestion communautaire de forêt, protection de la mangrove, mise au point d’un herbicide naturel à base d’huiles extraites de plantes sauvages.

ONG Bénin Ecotourism Concern : www.ecobenin.org – Bénin 

Mme Sylvie Fèmi Noumonvi de l’ONG Ecobénin

Le Projet PROFAEB de ECOBENIN vise à installer 14.000 foyers améliorés dans 5 communes. Ces foyers permettent de réduire l’utilisation de bois-énergie, les gaz à effet de serre et d’améliorer la qualité de vie de la population. Vu qu’il y a un risque de diminution de revenus pour les ménages vivant de la vente de bois-énergie, suite à l’utilisation des foyers améliorés, un soutien a été prévu pour ce groupe. Pour 300 ménages, une réorientation vers des activités agricoles a été prévue dans le cadre de ce projet. 

Peuple autochtone Kichwa de Sarayaku http://sarayaku.org – Equateur

Mmes Mirian Liduvina Cisneros, Shakira Abigail Gualinga Santi et Samaï Malaica Gualinga Bouchat, représentantes du Peuple Sarayaku en Equateur

Le Projet SARAYAKU vise la conservation durable du territoire du Peuple Sarayaku en Amazonie équatorienne et le renforcement de ses plans de gestion et d'administration. Cette protection passe par la promotion d'un concept d'aires protégées englobant les droits et les visions de sa population,et en renforçant et impulsant l'application de ses plans de gestion durable. La "Frontière de vie", une délimitation symbolique du territoire Sarayaku, est agrandie en accord avec les populations qui y vivent et avoisinantes. Une équipe de gardes forestiers est consolidée et dispose des compétences, des équipements et des moyens nécessaires pour mettre en oeuvre et renforcer la gestion durable des ressources naturelles du territoire.

Agence CORADE http://corade.org

M. Ibrahima Zerbo de CORADE

Participant au stage organisé par l’ONG ADG