PLAN ROUTES: Priorité à la Sécurité et à la Qualité !

Communiqué de presse du 14/05/2010

Ce vendredi 14 mai, Benoît LUTGEN, Ministre wallon des Travaux publics, a présenté son « Plan Routes » pour la rénovation et la réhabilitation du réseau routier régional (Réseau routier en Wallonie : 53.500 km / Voiries régionales : 7800 kilomètres de voies régionales (1250 km d’autoroutes et 6550 km de routes) / Voiries communales : 45.000 km / Voiries provinciales : 700 km ). Ce plan poursuit plusieurs objectifs :

  • augmenter la sécurité des usagers de la route ;
  • accroître la qualité de nos infrastructures;
  • améliorer la mobilité sur nos routes ;
  • assurer l’emploi de plus de 10.000 personnes durant les 5 prochaines années ;
  • accroître l’attractivité de la Wallonie pour les investisseurs étrangers ;
  • imposer une nouvelle méthode de management.

Il s’agit d’une rupture en matière de gestion des travaux d’entretien et de rénovation des routes. Cette rupture porte sur l’adoption d’une méthodologie objective de hiérarchisation dans la planification des chantiers pour obtenir un hit-parade des chantiers prioritaires.
Benoît LUTGEN a imposé une nouvelle méthode et s’est doté d’instruments objectifs pour faire le diagnostic du réseau routier wallon. Il est l’heure à présent de passer aux opérations de chirurgie lourde.

1. Réformes : diagnostic et premiers soins

  1. Réforme de la SOFICO (Société wallonne de Financement Complémentaire des infrastructures) :
    1. Clarification des responsabilités de la SOFICO et de la Direction générale des routes du SPW (Service Public de Wallonie). Un seul opérateur est désormais chargé du réseau structurant, la SOFICO. Elle prend en charge le financement, la réfection, l’entretien et l’exploitation de ce réseau (routes, équipements et abords). La DG Routes (SPW) se concentre quant à elle sur le réseau secondaire.
    2. Définition du réseau structurant : Les axes qui font partie de ce réseau ont été sélectionnés sur base de critères objectifs.

      Il s’agit de l’ensemble des autoroutes, des axes qui appartiennent au réseau transeuropéen (RTE), des axes possédant un numéro « E » et des routes régionales stratégiques pour la mobilité intra régionale. Le réseau structurant représente 1800 km et 52,3 % du trafic routier sur le réseau régional.

    3. Réponses aux conditions d’accessibilité au financement d’organismes tels que la BEI (Banque Européenne d’Investissement) et ainsi accroître les moyens financiers pour réhabiliter le réseau en profondeur et rapidement. Pour répondre aux exigences de la Commission européenne, les actionnaires privés ont dû se retirer du capital de la SOFICO et céder leurs parts à la Région wallonne. Au total, le rachat de ces parts s’est élevé à 2.726.828 €.
  2. Une nouvelle procédure de contrôle permettra de vérifier de manière indépendante les travaux entrepris sur le réseau : contrôle des matières premières, contrôles des livraisons, contrôles durant la réalisation du chantier, contrôle à la fin du chantier et contrôles pendant la période de garantie.
  3. La garantie sur les travaux réalisés est passée de 3 à 5 ans pour les chantiers portant sur le revêtement, et de 3 à 10 ans pour les chantiers portant sur la construction ou la rénovation en profondeur des routes.
  4. L’ensemble des possibilités légales, réglementaires et conventionnelles seront mises en œuvre pour accélérer l’exécution les chantiers (chantiers de nuit, durant les week-ends et durant les vacances scolaires) afin de limiter l’impact des chantiers sur la mobilité.
  5. Une carte des zones à haut risque (ZHR) et à moyen risque (ZMR) (en annexe) a été établie sur base des analyses des procès verbaux dressés par les services de police lors d’accidents (police fédérale et zones de police locale). Ces données ont été mises en parallèle avec les analyses du revêtement routier et des constations des agents du SPW. La carte des ZHR/ZMR a été validée en concertation avec Touring, l’IBSR et la Police fédérale. Ces données ont été intégrées comme critère prioritaire pour établir le classement des chantiers. Ainsi, toutes les ZHR et ZMR seront traitées entre 2010 et 2014. Ceci montre à quel point le critère de la sécurité routière a été littéralement prépondérant dans la planification des travaux.

2. Une nouvelle méthodologie : des critères objectifs

La réforme de la SOFICO ayant été engrangée, Benoît LUTGEN lui a confié la mission de redéfinir la planification des chantiers de rénovation du réseau routier structurant wallon (autoroutes et routes principales) sur des bases objectives alliant principalement critères de sécurité et de qualité des infrastructures.


La SOFICO a donc lancé un marché public pour définir ce plan stratégique qui a été attribué au bureau d’étude ARCADIS. Un modèle de hiérarchisation des chantiers basé sur les meilleures pratiques observées en France, aux Pays-Bas, en Allemagne ou encore en Suisse a été retenu pour être appliqué au réseau wallon.


Ce processus se décline en 4 étapes :

 Processus

  1. Inventaire
    • sécurité (cartographie des ZHR et ZMR) ;
    • qualité du revêtement et de la structure ;
    • qualité des glissières de sécurité, éclairage, marquage au sol ;
    • mobilité ;
    • confort des usagers ;
    • urgence de réinvestir pour éviter des surcoûts.
  2. Le bureau d’expertise a rassemblé l’ensemble des données disponibles quant à l’état du réseau routier régional. La Sofico dispose donc aujourd’hui d’une base de données la plus complète possible.
    Les principaux critères retenus sont les suivants :

  3. Hiérarchisation des chantiers
  4. L’évaluation du « degré d’urgence » des travaux à réaliser est basée sur une pondération des critères. La sécurité des usagers est ainsi le critère prioritaire qui bénéficie de la plus forte pondération.

  5. Planification des travaux
    • respect des règles des marchés publics (formes et délais) ;
    • mobilité ;
    • absorption des travaux par les entrepreneurs ;
    • conditions météorologiques.
  6. C’est sur base de cette hiérarchisation que les travaux de rénovation profonde du réseau seront planifiés, travaux qui tiendront notamment compte des impératifs temporels suivants :

  7. Suivi de la réalisation des chantiers
  8. La méthode appliquée est dynamique. Ainsi, de nouvelles informations obtenues suite à des études préalables ou lors de la réalisation de chantiers peuvent imposer de revoir la planification ou de réaliser des économies d’échelle qui augmenteront d’autant les moyens disponibles pour investir. Le classement sera donc évolutif.

    Les résultats délivrés par l’application de cette méthode devront également être actualisés à intervalles réguliers pour tenir compte de modifications du timing, de réévaluations des coûts, …

    Cette méthodologie sera impactée également pour le réseau secondaire. Ce travail préparatoire  est actuellement entrepris au niveau du SPW.

3. Le classement des chantiers du réseau structurant

Le classement réalisé donne une planification des chantiers pour le réseau structurant pour les cinq prochaines années.

Le nouvel ordre des priorités sera pris en compte progressivement. L’année 2010 constitue ainsi une année de croisement entre les anciens chantiers du SPW et les nouveaux chantiers Sofico (liste des chantiers 2010 en annexe).

Un tiers des chantiers 2010 s’inscrivent déjà dans les priorités du nouveau classement. Pour les autres chantiers, la procédure de marché public ayant été lancée avant que soit établi le mécanisme de classement, les travaux ne seront évidemment pas interrompus.

Dès 2011, la nouvelle méthode de hiérarchisation des chantiers prioritaires s’appliquera à tous les travaux financés par la Sofico. Au total, ce sont 575 chantiers qui sont programmés sur les cinq prochaines années.

Les ponts du réseau structurant font également partie de ce classement. Après analyse, il est apparu que parmi les cents premiers chantiers prioritaires, 32 ponts sont en mauvais état. Ils sont donc classés parmi les priorités du classement. Benoît LUTGEN a donné instruction à la Sofico et au SPW de prendre toutes les dispositions nécessaires afin de garantir la sécurité des usagers sur l’ensemble de ces ponts et de lancer dès à présent toutes les études préalables en vue de réaliser les travaux.

4. Les budgets

Pour remettre l’ensemble du réseau structurant en état, 575 chantiers ont été identifiés. L’estimation budgétaire pour réaliser l’ensemble de ces chantiers s’élève à 885 millions € TVA comprise.

A. Investissements

La réforme de la Sofico, la définition du réseau structurant et l’adoption d’une méthode de classement objectif des chantiers prioritaires ouvrent la voie à l’obtention d’un financement auprès de la Banque européenne d’Investissement (BEI). La Sofico a pris les dispositions nécessaires pour introduire une demande de prêt en bonne et due forme auprès de l’institution financière. Concrètement, l’objectif est d’obtenir un financement de la BEI et d’autres organismes prêteurs pour un montant total de 400 millions €.

Parallèlement, une réorganisation des moyens budgétaires disponibles au SPW et à la Sofico a été mise en œuvre pour le réseau structurant.

Sur le réseau structurant, le budget consacré aux investissements de 2010 à 2014 est multiplié par 4,5. On passe de 142 millions € à 639 millions €. Les 639 millions € sont constitués des 400 millions € du prêt, de 128 millions € de fonds propres de la Sofico et de 111 millions € de récupération de la TVA. Les 142 millions € initialement prévus vont entre autres permettre d’investir davantage dans le réseau secondaire.

Par conséquent, les investissements routiers sur le réseau secondaire de 2010 à 2014, sont également augmentés. On passe de 476 millions € à 596 millions €.

Au total sur le réseau routier wallon, les investissements sont doublés et atteignent plus d’1,2 milliards €.

BUDGET INVESTISSEMENTS
 

2010 – 2014 Avant la réforme

2010 – 2014 Après la réforme

Réseau structurant
142 millions €
639 millions €
Réseau secondaire
476 millions €
596 millions €
Total des investissements
618 millions €
1,235 milliards €

Sur les 885 millions € nécessaires pour remettre en état le réseau structurant, la Région wallonne en possède donc 639 millions €, soit 72% du montant total. Au total, ce budget représente 80% des chantiers prioritaires.

***

Cette nouvelle politique constitue une réelle avancée pour la Wallonie. C’est la sécurité de tous les usagers qui est au cœur des priorités mais aussi le confort et la mobilité de tous les utilisateurs. Ce sont aussi des investissements qui permettent d’assurer le travail de plus de 10.000 personnes durant les 5 prochaines années.