TRAITER LES SOLS POLLUÉS PAR LES PLANTES ?

Ce jeudi, en marge de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques, le Ministre wallon de l’Environnement Carlo DI ANTONIO s’est rendu à Montataire près de Paris.  Depuis 2013, une ancienne usine de camping-cars est mise à la disposition de chercheurs de l’Institut National de l'Environnement Industriel et des Risques (Inéris) pour conduire des recherches en phytoremédiation.

La phytoremédiation est une technique visant à dépolluer les sols à l’aide de plantes. Ce projet de recherche appliquée sur la gestion des sols pollués est la première expérience du genre en France.

En Wallonie, ce dispositif est mis en œuvre sur le site de Carcoke Tertre à Saint-Ghislain. SPAQυE a expérimenté une plantation de miscanthus, également appelé «herbe à éléphants ». Cette plantation expérimentale de biomasse avait deux objectifs : valoriser temporairement une grande surface inexploitée en raison de travaux de réhabilitation et étudier les migrations des polluants du sol vers la plante, les influences des polluants sur l’utilisation ultérieure de la biomasse et les effets en matière de dépollution du sol.

Parallèlement à cela, 350.000 tonnes de terres contaminées par des polluants hydrocarbonés y ont été dépolluées grâce à des traitements biologiques au cours desquels la dégradation des polluants est assurée par des micro-organismes stimulés.

Ce jeudi, le Ministre DI ANTONIO a rencontré sur le site de l’expérimentation les chercheurs de l’Inéris qui ont confirmé le caractère probants des deux années de recherche. Plantés sur 300 m² au bord d'un rond-point, les saules des vanniers et les arabettes de Haller supportent la pollution au zinc et au cadmium, deux métaux toxiques. Contrairement à d'autres plantes qui bloquent les métaux aux racines, les saules et les arabettes facilitent l'absorption des métaux, qui montent avec la sève dans les feuilles.

A chaque fois que les plantes refont des feuilles et des tiges, elles absorbent une partie de la pollution. C'est ainsi la fraction la plus mobile des métaux qui est ainsi absorbée. En France, ce dispositif est accueilli favorablement par les acteurs de terrain qui y voient également un avantage en termes d’aménagement paysager et de verdissement du cadre de vie.

De formation scientifique, Carlo DI ANTONIO estime que la phytoremédiation est une méthode crédible mais tient à relativiser le rôle que celle-ci pourrait jouer en matière de dépollution de sols en Wallonie.

« Les plantes ayant de petites biomasses, il faudrait des dizaines d’années pour maitriser des sols lourdement pollués. La phytoremédiation semble plus appropriée à de petites surfaces, faiblement ou moyennement polluées. Cette technique pourrait également être utilisée pour le traitement des boues issues du dragage des cours d’eau. Dès lors, elle doit être considérée comme une solution parmi d’autres et non comme une solution miracle » explique le Ministre DI ANTONIO.

Pour Carlo DI ANTONIO, la diversité des méthodes de traitement est à promouvoir afin de cumuler leurs avantages.  Ainsi, la phytoremédiation peut également trouver sa place dans l'économie circulaire. Les métaux stockés dans les feuilles et tiges des plantes peuvent être réemployés en éco-catalyseurs dans les procédés pharmaceutiques et chimiques. Les plantes deviennent alors une matière première enrichie en zinc ou cadmium. 

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